Dieu ne m'a pas guéri de mon homosexualité

Publié le par Florymawit

Le plus grand quotidien payant de Suisse romande publie dans une pleine page intérieure le témoignage d'un jeune homosexuel qui a tenté, sans succès, une thérapie chrétienne pour se réorienter.

Dans nos colonnes, nous avons abordé cette question difficile et délicate à plusieurs reprises et notre réflexion en amont est aussi suivie.

Quelques questions et remarques à la lecture de cette pièce:
- des thérapies pour aborder un problème d'identité sexuelle dans une perspective chrétienne existent. Elles sont impopulaires, car dans la pensée dominante, il ne faut absolument pas chercher à réorienter un homosexuel, en particulier avec une approche croyante («retour des interdits culpabilisateurs de jadis, morale judéo-chrétienne semeuse de névroses bla bla bla».) Plus largement, l'idée qu'on puisse «guérir par la prière» n'est pas du tout comprise dans le grand public; cela nécessite passablement de clarification. Donc, doit-on s'attendre à ce que la pression augmente considérablement sur et contre des programmes thérapeutiques et spirituels comme «Torrents de Vie»?

- 24 heures choisit de valoriser un témoignage d'échec. Dans nos colonnes, nous avons aussi valorisé (mais pas seulement) des témoignages de réorientations réussies. Un vécu reste un vécu. Et la perspective des journalistes est engagée bien sûr, c'est un choix éditorial.

- Le jeune homosexuel qui témoigne, fréquentant aujourd'hui une paroisse réformée où on ne lui pose pas de problème, témoigne d'un vécu encore récent et pas du tout définitif. Il le rappelle lui-même en intervenant dans le forum de discussion qui suit son article. Etonnamment, le programme qu'il a suivi (prière, partage en petits groupes style Alcooliques anonymes) était une version raccourcie, 8 soirées une fois toutes les deux semaines. Nos spécialistes ont indiqué qu'une réorientation complète durait une dizaine d'années (!), car c'est toute une psycho-affectivité qu'il faut reconstruire.

- Enfin, le jeune homme qui témoigne rêve d'une chose: des cultes «gay-friendly» (qui font une place à la sensibilité et aux thématiques gay). Aux Etats-Unis, ce sont des Eglises gay-friendly qui existent déjà. L'évolution actuelle, dans les Eglises protestantes libérales, est très favorable à cette option. Des liturgies de bénédiction pour les couples de même sexe y sont actuellement mises en place ou à l'étude; les cultes gay-friendly, organisés avec des groupes tels David & Jonathan ou Dialogai, suivront rapidement ou arriveront en même temps.
Il n'est pas difficile d'imaginer quels seront la teneur et le message central de ces cérémonies: une célébration de l'accueil inconditionnel de Dieu, de son amour pour chacun quel que soit sa «différence».
Ma dernière question, sera-t-il possible d'éviter que ces célébrations taillées pour croyant(e)s homosexuel(le)s soient en fin de compte, non plus une célébration de l'autre (bien lire, ici) mais une auto-célébration?

Publié dans TEMOIGNAGE

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