Donc, qu'en est-il de l'humanisme ?

Publié le par Florymawit

Donc, qu'en est-il de l'humanisme ?

 

Ce n'est pas seulement une philosophie, c'est une religion. Il se définit comme un mouvement qui ne croit pas en Dieu. Mais ne pas croire en Dieu oblige à croire en autre chose. "Je crois que ne je crois pas en Dieu" est déjà avoir une activité spirituelle c'est avoir fait un choix spirituel.

L'humanisme est un système de pensée, religieux, politique, économique, sociologique, qui touche tous les domaines de la vie. Notre manière de croire doit influencer tous les domaines de notre vie. Si on a un système de valeurs à l'église, un autre au travail, un troisième dans la famille, en psychiatrie, c'est de la schizophrénie. Plusieurs personnages cohabitent dans la même personne. Or, nous sommes appelés à avoir le même système de valeurs au travail, dans l'église, dans la famille, dans nos relations amicales.

Dans le monde de la santé, l'homme et son bien-être sont au centre. Déjà, du temps des Grecs, mais aussi depuis le jardin d'Eden, l'homme s'est mis à la place de Dieu ; vers le cinquième siècle avant Jésus-Christ, un philosophe grec avait déjà dit "l'homme est la mesure de toute chose". L'église primitive, au début, était en accord avec les principes divins ; puis progressivement, la pensée biblique s'est laissée influencer par diverses philosophies ou par des cultures régionales ; au Xllle siècle Thomas d'Aquin écrivait "l'homme n'a pas été complètement touché par le péché; sa raison et son intellect ont été épargnés". Donc à côté des textes sacrés, appuyons-nous sur d'autres textes ; retournons par exemple aux auteurs grecs, puisque subtilement, Thomas d'Aquin prétend que la raison et l'intellect n'ont pas été touchés.

A la renaissance après une période d'obscurantisme, on redécouvre les textes grecs : vers le XVIe siècle, l'homme redevient le centre de toute chose. Enfin au XIXe siècle survient la théorie de l'évolution, avec Darwin.

La pensée humaniste est une pensée athée : Dieu n'existe pas. Les agnostiques, de leur côté, disent que Dieu ne peut pas se démontrer ; on ignore s'il existe ou s'il n'existe pas, il y a doute. Aujourd'hui beaucoup croient que Dieu n'existe pas : la connaissance scientifique s'est tellement développée que Dieu est de l'histoire ancienne. Le surnaturel n'existe pas. Tout ce que l'on ne peut cerner scientifiquement n'existe pas. Dieu, l'âme, la vie éternelle, ne pouvant être prouvés scientifiquement, n'existent pas. On voit déjà poindre beaucoup de problèmes ; si le pur humaniste dit, "il n'y a pas d'âme"; il sera difficile d'avoir une approche psycho-somatique.

Pour l'humaniste, l'univers né du chaos est devenu progressivement ordonné. Le cosmos est tout ce qui a été et tout ce qui sera. Cela sous entend qu'au départ, on ne sait pas trop ce qu'il y avait : des éléments minéraux ou organiques : tout cela baignait dans une sorte de "soupe" jusqu'à ce qu'une association de molécules produise la première forme de vie. Ensuite est apparue la cellule qui, elle même, a fini par donner des êtres pluricellulaires. A partir du chaos est né quelque chose d'organisé.

Il y a paradoxe, car pour la pensé humaniste tout repose sur la démarche scientifique. Il s'agit d'abord d'émettre une hypothèse sur ce que l'on constate ; puis, l'on fait des recherches pour confirmer l'hypothèse émise ; ensuite on énonce des lois ; la démarche scientifique sera terminée quand on aura une reproduction possible du phénomène. Or la théorie de l'évolution n'a jamais scientifiquement parlant pu être mise en évidence.

Cette pensée humaniste qui prétend s'appuyer sur la science s'appuie en fait sur des éléments que l'on ne peut prouver scientifiquement. La raison est le moyen de découvrir la vérité. Seul ce qui peut être testé a du sens, donc seul le monde matériel est réel. Puisque Dieu ne peut pas être testé, il n'existe pas ; le surnaturel n'existe pas ; cela amène à une conception de l'homme essentiellement matérialiste. L'âme ne peut être prouvée, donc elle n'existe pas.

Les purs humanistes sont rares ; on rencontre surtout des gens influencés par la pensée humaniste et, parfois, en même temps par la pensée judéo-chrétienne ; c'est souvent notre cas. La théorie suivante peut nous avoir influencés :l'homme est né du hasard, il n'y a pas eu au départ de plan divin pour la création de l'homme. Cela pose aussi un problème dans le domaine de la foi, les francophones sont rationalistes, ils ont besoin de comprendre. C'est un reste de l'approche humaniste. Il nous faut une déprogrammation en profondeur car, depuis de nombreuses années, on nous dit que tout ce qui existe, est ce que l'on peut gérer de manière intellectuelle. Nous et, en particulier, les français, ne sommes pas déprogrammés par rapport au rationalisme. Les valeurs artistiques sont moins importantes que la raison. Alors qu'une grande partie de la vie échappe à la raison.

Dieu a voulu pour l'homme un équilibre intellectuel, émotionnel et physique ; aimer Dieu et le servir c'est vivre dans un équilibre entre ce que nous percevons et ce que nous analysons. Or, pour les humanistes, l'être humain est essentiellement matériel et intellectuel. L'univers est né du hasard et l'être humain est ce qu'il est aujourd'hui parce que l'on est au sommet de l'évolution. Pour l'homme le seul moyen de s'en sortir, c'est de compter sur lui-même. Il doit découvrir son potentiel, puis l'utiliser.

La personne doit "se réaliser" entrer en contact avec son "Moi" intérieur. Là elle rejoint le Nouvel Age. L'éternité n'existe pas.

La théorie de l'évolution nous influence aussi au niveau économique, au niveau de l'éducation et au niveau de la santé.

Car plusieurs points y sont importants :

- La génération spontanée : tout aurait existé au départ. Lors du big-bang ; tout se serait déclenché à partir d'une première molécule organique. On ne cherche pas de cause première car cela amènerait trop près de l'idée de Dieu. humaniste refuse que Dieu ait créé ; il parle de génération spontanée.

- La notion de sélection naturelle par compétition, seules les espèces les plus fortes ont pu survivre et se reproduire. Sur le plan médical cela nous amène au problème de l'eugénisme avec la sélection de certains caractères considérés comme les meilleurs.

- La lutte pour la survie : l'homme pour l'humaniste est le point culminant du processus de l'évolution. On ne dissocie pas l'âme et le corps ; les émotions ne seraient qu'une manifestation de l'activité cérébrale. On ne parle pas du surnaturel puisqu'il n'est pas mesurable scientifiquement. Par ailleurs, l'être humain est bon par définition. Le mal n'est pas "personnel". Mais alors, d'où vient-il ? Des systèmes sociaux qui corrompent l'homme. Il faut donc changer ces systèmes, soit brutalement, par la révolution (Marxisme, Léninisme par exemple), soit doucement par l'éducation, en faisant passer de nouvelles conceptions philosophiques et cela dès le plus jeune âge. La pensée humaniste est une religion. Aujourd'hui on n'a pas le droit de discuter de religion dans un milieu laïque ! Cette manière de penser reprend à son compte ce qu'on appelle la tolérance ; or, en fait cette pensée humaniste est intolérante : on ne peut parler de "création" dans un milieu scolaire ; seule la théorie de l'évolution et la sélection des espèces sont acceptées et enseignées. On retrouve cette idée dans tous les domaines.

La pensée humaniste s'est ainsi ouvert un champ libre à l'endoctrinement ; elle rejette Dieu comme créateur sous le couvert d'une certaine approche dite tolérante.

Dr Josiane


Publié dans ETUDES BIBLIQUES

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