L'honneur

Publié le par Florymawit

L'honneur
Cher Pasteur,

 

Comme tu le sais, Paul demande à Timothée d'être un modèle (1 Tim. 4.12). Notre comportement compte beaucoup plus que nos paroles. Aujourd'hui, je veux mettre l'honneur "à l'honneur".

 

"Par amour fraternel, soyez pleins d'affection les uns pour les autres ; par honneur, usez de prévenances réciproques." (Rom. 12.10)

Le mot honneur, avec ceux qui en découlent, est utilisé de bien des manières et dans des contextes très différents. Mais il véhicule toujours le sentiment de dignité, sauf peut-être dans "Marius", où Pagnol fait dire à César : "L'honneur, c'est comme les allumettes : ça ne sert qu'une fois !"

Avoir le sens de l'honneur, c'est être conscient de sa dignité, sans pour autant que s'y mêle un sentiment d'orgueil ; c'est avoir le respect de soi. Les mots originaux grecs qui ont été traduits par honneur ont aussi le sens de "précieux ; de grand prix". Considérer la rectitude morale, la vérité et la vertu comme choses précieuses et de grand prix, c'est avoir le sens de l'honneur. Autrefois, lors des guerres, il existait des "prisonniers sur parole". Un tel captif n'avait d'autre chaîne que son sens de l'honneur, qu'il estimait parfois plus encore que sa propre vie.

Dans la Bible, la grande majorité des allusions à l'honneur ont trait à Dieu. Des expressions comme "Rendez à l'Éternel gloire et honneur !" reviennent comme un leitmotiv. Dieu veut qu'on l'honore. Mais de quelle manière Dieu veut-il être honoré ?

Jésus, répondant aux scribes et aux pharisiens leur dit :

"Ce peuple m'honore des lèvres, mais son cœur est éloigné de moi. C'est en vain qu'ils m'honorent, en enseignant des préceptes qui sont des commandements d'hommes." (Matt. 15.8-9)

Nous savons, par le contexte, la raison de cette citation d'Ésaïe 29.13 par Jésus ; c'est la prééminence de la tradition religieuse sur la parole de Dieu :

"Car Dieu a dit : Honore ton père et ta mère ; et : Celui qui maudira son père ou sa mère sera puni de mort. Mais vous, vous dites : Celui qui dira à son père ou à sa mère : Ce dont j'aurais pu t'assister est une offrande à Dieu, n'est pas tenu d'honorer son père ou sa mère. Vous annulez ainsi la parole de Dieu au profit de votre tradition." (Matt. 15.4-6)

Ouvrons une parenthèse. Ici apparaît clairement un autre sens des mots honneur et honorer, qui est : récompenser, gratifier en signe d'estime d'un présent, ou d'une faveur, témoigner de la sollicitude. Honorer son père ou sa mère signifie dans ce texte avoir suffisamment d'estime à leur égard pour les aider matériellement. La même pensée se retrouve concernant les anciens (ou pasteurs) dans l'église :

"Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d'un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l'enseignement. Car l'Écriture dit : Tu n'emmuselleras point le bœuf quand il foule le grain. Et l'ouvrier mérite son salaire." (1 Tim. 5.17-18)

Les seconde et troisième phrases explicitent le sens de la première. Il s'agit d'un honoraire double, comme le précise d'ailleurs une note dans plusieurs de nos traductions.

Mais revenons à ce que dénonce Jésus comme étant le fait d'honorer Dieu des lèvres : la prééminence de la tradition religieuse sur la parole de Dieu. Nous n'en sommes peut-être pas arrivés à l'hypocrisie des scribes et des pharisiens, mais sommes-nous bien sûrs que toutes nos traditions (que j'ai souvent entendu appeler "Principes du Mouvement") ne risquent pas d'empiéter sur la parole de Dieu ? Pour honorer Dieu véritablement, ne faudrait-il pas faire un peu de ménage dans le fatras légaliste qui parfois vient se substituer à la véritable vie de l'Esprit chez les chrétiens, pour ne prendre qu'un exemple ?

Cela dit, le texte cité plus haut : "par honneur, usez de prévenances réciproques" nous montre quelle attitude nous devons avoir à l'égard de nos frères. Et cela par honneur. C'est l'honneur qui doit présider à mes relations fraternelles. D'abord celui que je dois à mon frère : ma considération et ma sollicitude. Mais aussi celui que je dois à moi-même : ma propre dignité. Ce faisant, je m'interdirai tout propos, toute manœuvre, toute attitude qui serait indigne du serviteur de Dieu que je suis.

Ne penses-tu pas que nous devons être des hommes et des femmes d'honneur ?

Par Jean-Claude Guillaume

Publié dans MEDITATION

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