La recherche du bonheur et l’approbation du monde

Publié le par Florymawit

La vie nouvelle en Christ



 

La recherche du bonheur et l’approbation du monde, par Jérôme Prékel

, par colibri es


Luc 6:20 à 26: «Alors Jésus, levant les yeux sur ses disciples, dit: Heureux vous qui êtes pauvres, car le royaume de Dieu vous appartient! Heureux vous qui avez faim maintenant, car vous serez rassasiés! Heureux vous qui pleurez maintenant, car vous serez dans la joie! Heureux serez-vous, lorsque les hommes vous haïront, et quand ils vous retrancheront [de leur société], et qu’ils vous insulteront et rejetteront votre nom comme mauvais (infâme), à cause du fils de l’homme ! Réjouissez-vous en ce jour-là et tressaillez d’allégresse, parce que votre récompense sera grande dans le ciel; car c’est ainsi que leurs pères traitaient les prophètes. Mais, malheur à vous, riches, car vous avez votre consolation! Malheur à vous qui êtes rassasiés, car vous aurez faim! Malheur à vous qui riez maintenant, car vous serez dans le deuil et dans les larmes! Malheur, lorsque tous les hommes diront du bien de vous, car c’est ainsi qu’agissaient leurs pères à l’égard des fauxprophètes».

Le premier discours que Jésus prononce devant la foule de disciples [1] qui souhaitent le suivre va prendre à contrepied les raisonnements religieux de son temps. En effet, à cette époque le statut “d’engagé” avec Dieu (scribe, sacrificateur, lévite, pharisien) permettait le plus souvent d’accéder à une position sociale avantageuse, alors que Jésus expose ici une vision sans aucune concession à la pensée religieuse ayant cours à ce moment. En quelques phrases lourdes de sens, il va tracer les grandes lignes d’un message âpre, révélant une partie cachée de la vie spirituelle telle qu’Il la conçoit (et telle qu’Il la vivra lui-même).

Ce message, qui est donné après toute une nuit de prière (6:16), que dit-il ? “Sachez que vous serez en bute à des difficultés, des persécutions, à cause de l’amour que vous avez pour mon nom, et des valeurs qui nous réunissent. Vous rencontrerez à cause de moi des difficultés que vous auriez sans doute préféré ne pas connaître, rejet, tristesse, faim, souffrances. J’ai vécu ces choses. Mais cet état de faiblesse et de vulnérabilité, ce sous-état par rapport aux standards du monde, ne sera qu’une apparence, dans laquelle je vous demande de ne pas vous fier [2], car c’est alors que vous serez les véritables possesseurs du royaume de Dieu. C’est dans ces situations extrêmes et difficiles [3] que vous découvrirez le pouvoir de mépriser la honte et de transcender la tristesse [4], en vue d’une joie qui n’est pas de ce monde et qui ne peut s’expliquer avec des mots ou des concepts de ce monde [5]. Cependant il vous sera donné de la percevoir [6] et ce que vous sentirez vous portera littéralement, car alors je serai avec vous personnellement. Oui, attendez-vous à être marginalisés, retranchés, insultés, parce que le serviteur n’est pas plus grand que son maître. Ce qu’il m’auront fait, ce qu’ils s’apprêtent à me faire, ils vous le feront aussi [7] ”.

Le message qui est donné ici est destiné à ceux qui se lancent dans la course [8], et qui vont traverser la grande tribulation à cause de la foi en Jésus-Christ, à cause de l’amour de la vérité [10], tribulation qui durera au travers des âges, jusqu’à la fin. Ce message dépasse donc le cadre de cette foule-là, de ces disciples-là, et devient universel.
Pour Jésus, il est important que tous ceux qui veulent être ses disciples sachent que la marginalisation, le rejet, l’opprobre [11] sont “normalement” inhérents à Son incarnation et à l’incarnation de Son message en eux. Tous ceux qui feront Un avec Lui, et qui marcheront comme Lui dans Sa lumière, se retrouveront entraînés dans un affrontement, un téléscopage avec l’esprit du monde, avec l’air du temps, avec le mensonge ambiant, avec l’injustice et la domination antichrist sur les hommes.
À contrario, tout christianisme confortable, socialement intégré, politiquement correct, est annoncé ici comme un malheur, car Il éteindra l’Esprit originel du Salut et engendrera une religion qui, certes, continuera de parler de Dieu, de parler du Fils, de parler du Saint-Esprit, mais qui ne sera pas fidèle aux fondements de sa pensée révélée [12]. Car un christianisme sans opposition à l’esprit du monde, sans affrontement avec le mal, ne sera pas le christianisme du Christ de Dieu.

UN AUTRE REGARD SUR NOTRE ATTENTE DU BONHEUR
Le message que Jésus délivre ici repose sur une équation négative et porte atteinte à un des fondamentaux principaux de la pensée naturelle : nous voulons tous vivre heureux, dans le confort et une sécurité rassurante, en jouissant du fruit de notre travail. Nous aspirons à la paix, à la tranquillité, et à vivre notre vie dans la meilleure santé possible. Telle est sommairement décrite la notion du bonheur de l’homme naturel. Personne ne me contredira si je dis que cette notion-là imprègne également le subconscient du christianisme. Certains enseignent même que la véritable faveur de Dieu se mesure aux bienfaits dont Il nous gratifie, simplement parce que nous sommes ses enfants [13]. Il devient alors légitime d’espérer vivre dans l’abondance [14], dans la réussite sociale [15], ce qui entraîne deux conséquences: une adhésion à un christianisme positiviste, prônant ouvertement le droit et la recherche de la prospérité, et véhiculant en même temps un rejet inconscient des enseignements de la croix (jugés négatifs et misérabilistes).

La définition du mot “heureux” qui est donnée par Jésus dans ce discours aux disciples est sensée nous entraîner dans une inversion radicale de nos valeurs naturelles. Or, ce chemin nous sera fermé si notre christianisme est imprégné de la pensée naturelle (vivre en paix, vivre en sécurité, avec un bon job et une bonne famille), car nous serons alors dans une construction religieuse qui rendra notre cœur étanche à de telles invitation du Saint-Esprit:

2 Timothée 2.3 “Prends ta part des souffrances comme un bon soldat de Jésus Christ”.

En effet, aucun homme naturel ne désire souffrir. L’homme naturel est en fuite devant la souffrance, toute forme de souffrance, ce qui inclut la dimension du sacrifice. L’homme naturel est au contraire engagé dans une course pour rechercher et atteindre le plaisir, parce qu’il est le centre de sa propre vie. Il est l’alpha et l’oméga de son existence. Et je ne pense pas susciter de violente opposition en disant que nous trouvons cette pensée plus ou moins consciente sur les bancs de l’Église.

Il est donc important de rappeler ces choses parce que si nous craignons la souffrance qui est attachée à l’amour de la vérité [16], alors nos choix spirituels (et nos choix de vies) nous conduiront inéluctablement dans un statut de “riches” — ceux justement qui sont stigmatisés par Jésus dans son discours. L’avertissement est adressé à des disciples riches de leur propre vie, aimant cette vie et les consolations du siècle, à ceux qui seront prêts inconsciemment à échanger leur droit d’aînesse contre un plat de lentilles. Ce message s’adresse enfin à ceux qui, à cause des égards excessifs qu’ils auront pour eux-mêmes et leur propre vie, ne pourront jamais entrer dans la victoire, parce qu’ils auront aimé/préféré leur vie aux exigences de la vérité :

Apocalypse 12.11 “et eux l’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau et à cause de la parole de leur témoignage ; et ils n’ont pas aimé leur vie, [même] jusqu’à la mort”.

LA RECHERCHE DE L’APPROBATION DU MONDE
Le discours de Jésus stigmatise également (dans sa deuxième partie) la recherche de l’approbation du monde: une tentation logique à laquelle sera exposé le disciple. Il est important de le comprendre car tout disciple devra affronter cette épreuve, et la surmonter — ou y succomber.
C’est la recherche de l’approbation du monde qui conduira l’Église à accepter de se conformer à certains aspects du siècle présent, tout en prêchant une Bible dans laquelle il est écrit le contraire [17]. La mise en conformité avec certains des standards des sociétés environnantes ne se fera pas frontalement, ni en une seule génération, mais à la faveur de propositions qui viendront de l’intérieur, et qui plaideront pour une modernisation, une ouverture, une souplesse par rapport aux exigences d’une Bible qui ne propose comme modèles sociaux que des exemples vieux de plusieurs siècles.

D’après Jésus, et si nous comprenons bien sa pensée délivrée à ses disciples, la recherche de l’approbation du monde est condamnable et condamnée. Quand les hommes diront du bien de vous
La recherche de l’approbation des hommes est une clé d’apostasie.

Il n’est pas étonnant qu’une église gagnée par une mentalité positiviste, cherchant l’approbation des hommes, vise à prendre rang parmi la société, afin d’y jouer un rôle bénéfique. Mais ce n’est pas la pensée que véhicule Jésus ici, ni dans son message, ni dans son exemple.
Il est parfaitement compréhensible que nous aspirions à ce que notre foi et nos principes soient bien perçus et acceptés par la société dans laquelle nous vivons, et que nous estimions que c’est là notre meilleure chance de pouvoir transmettre l’évangile. Certains versets semblent pouvoir nous y encourager [18]. Cette pensée est légitime sur le plan naturel et relève d’une forme de sagesse, pleine de logique : nous pensons que lorsque le monde reconnaîtra l’Église, son utilité, sa pertinence, alors les choses auront fait un pas en avant. Mais en direction de quoi ? Pour que le christianisme devienne la religion du monde ? C’était la pensée de Constantin, et c’est le catholicisme qui a émergé de cette vision-là. Sommes-nous appelés à incarner par exemple une meilleure justice sociale, ou bien une pensée qui n’est pas de ce monde, et qui le condamne dans TOUS ses fondamentaux ?

Mais il devient de plus en plus difficile de condamner le monde, à mesure qu’il pénètre dans le christianisme. Il est important de rappeler que le but du disciple n’est pas l’instauration du bien et la condamnation du mal, mais d’incarner la royauté de Jésus: Paul se présentait comme “esclave de Jésus-Christ”.
L’Église investie par l’humanisme cherche l’approbation du monde pour tenter de lui transmettre les valeurs qui lui manquent, pour cesser de se détruire et de détruire la terre. C’est une noble tâche, mais ce n’est pas la mission des disciples de Jésus. La mission des disciples de Jésus est de connaître Christ [19], de se donner à Christ, et enfin d’amener à Christ toute âme d’homme perdu [20]. Parce qu’Il est le commencement et la fin de tout [21], et que tout a été créé par Lui et pour Lui [22]. Afin qu’en toutes choses, il occupe, lui, la première place [23]. Parce que le monde Lui appartient, puisqu’Il l’a racheté par son sang [24], et parce qu’Il est la rédemption des coupables. C’est Christ que nous sommes appelés à prêcher [25], ce n’est pas le Bien, ni la Vérité, ni même la Justice.
Le chemin qui consiste à prêcher le Bien, la Vérité et la Justice est meilleur que beaucoup d’autres, mais il ne mène pas obligatoirement à Christ. Il peut mener à un Dieu humain, un Eternel fait à l’image de l’homme.

La recherche de l’approbation du monde est un armistice, alors que Jésus nous prévient que c’est dans une guerre que nous entrons. En recherchant l’approbation du monde, nous ne pouvons éviter de travailler plus ou moins consciemment à rendre le message de Jésus acceptable, plus conforme aux standards environnants. Ce faisant, nous devons délaisser les aspects saillants de l’Evangile, renoncer à certains de ses thèmes, ce qui revient à le dénaturer. C’est ainsi que ceux qui prennent leurs distances avec la folie de la croix [26] ne pourront éviter de marcher en ennemis de celle-ci [27].

J.Prekel/2010

—————————————————————————————
Notes :
[1]Luc 6.17: “Il descendit avec eux, et s’arrêta sur un plateau, où se trouvaient une foule de ses disciples et une multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem, et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon”.
[2]2 Cor. 12.10:“C’est pourquoi je prends plaisir dans les infirmités, dans les outrages, dans les nécessités, dans les persécutions, dans les détresses pour Christ: car quand je suis faible, alors je suis fort”.
[3]2 Cor. 11.27:“en peine et en labeur, en veilles souvent, dans la faim et la soif, dans les jeûnes souvent, dans le froid et la nudité:”
[4]Hébreux 12.2:“fixant les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, lequel, à cause de la joie qui était devant lui, a enduré la croix, ayant méprisé la honte, et est assis à la droite du trône de Dieu”.
[5]2 Cor. 12.4:“qu’il a été ravi dans le paradis, et a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer”.
[6]2 Cor. 4.17:“Car notre légère tribulation d’un moment, opère pour nous, en mesure surabondante, un poids éternel de gloire”
[7] Jean 15.20:“Souvenez-vous de la parole que moi je vous ai dite : L’esclave n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre”.
[8]Philippiens 3.14:“mais [je fais] une chose: oubliant les choses qui sont derrière et tendant avec effort vers celles qui sont devant, je cours droit au but pour le prix de l’appel céleste de Dieu dans le christ Jésus.”
[9] Apocalypse 7.14:“Je lui dis: Mon seigneur, tu le sais. Et il me dit: Ce sont ceux qui viennent de la grande tribulation; ils ont lavé leurs robes, et ils les ont blanchies dans le sang de l’agneau”.
[10] 2 Thess. 2.10:“et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés”.
[11]Hébreux 13.13:“Ainsi donc, sortons vers lui hors du camp, portant son opprobre”
[12]2 Timothée 3.1 à 5: “dans les derniers jours … les hommes seront … amis des voluptés plutôt qu’amis de Dieu … ayant la forme de la piété, mais en ayant renié la puissance”.
[13]Jean 10.10 :“moi, je suis venu afin qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient en abondance”.
[14]Philippiens 4.12 :“Je sais être abaissé, je sais aussi être dans l’abondance; en toutes choses et à tous égards, je suis enseigné aussi bien à être rassasié qu’à avoir faim, aussi bien à être dans l’abondance qu’à être dans les privations”.
[15]Deutéronome 28.13:“Et l’Éternel te mettra à la tête, et non à la queue; et tu ne seras qu’en haut, et tu ne seras pas en bas, si tu écoutes les commandements de l’Éternel, ton Dieu, que je te commande aujourd’hui, pour les garder et les pratiquer”.
[16]2 Timothée 2.12:“si nous souffrons, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, lui aussi nous reniera ;”
[17]Rom. 12.1:“Ne vous conformez pas au siècle dans lequel vous vivez, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence”
[18]Romains 12.18:“s’il est possible, autant que cela dépend de vous, vivant en paix avec tous les hommes”
[19]Philippiens 3.10:“Afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort”
[20]Actes des Apôtres 17.30:“Dieu donc, ayant passé par-dessus les temps de l’ignorance, ordonne maintenant aux hommes que tous, en tous lieux, ils se repentent”
[21]Apocalypse 22.13:“Moi, je suis l’alpha et l’oméga, le premier et le dernier, le commencement et la fin.”
[22]Colossiens 1.16:
“car par lui ont été créées toutes choses, les choses qui sont dans les cieux et les choses qui sont sur la terre, les visibles et les invisibles, soit trônes, ou seigneuries, ou principautés, ou autorités: toutes choses ont été créées par lui et pour lui”

[23]Colossiens 1.18:“et il est le chef du corps, de l’assemblée, lui qui est [le] commencement, [le] premier-né d’entre les morts, afin qu’en toutes choses il tienne, lui, la première place”
[24]Apocalypse 5.9:“Et ils chantent un cantique nouveau, disant: Tu es digne de prendre le livre, et d’en ouvrir les sceaux ; car tu as été immolé, et tu as acheté pour Dieu par ton sang, de toute tribu, et langue, et peuple, et nation ;”
[25]Actes 5.42:“et ils ne cessaient tous les jours d’enseigner et d’annoncer Jésus [comme] le Christ, dans le temple et de maison en maison.”
[26]1 Cor. 1.18:“car la parole de la croix est folie pour ceux qui périssent, mais à nous qui obtenons le salut elle est la puissance de Dieu.”
[27]Philippiens 3.18:“Car il en est plusieurs qui marchent en ennemis de la croix de Christ, je vous en ai souvent parlé, et j’en parle maintenant encore en pleurant”.

Par PG83

Publié dans Enseignements

Commenter cet article

moskar3 03/11/2012 11:46


Bonjour


je comprends parfaitement l'engagement du vrai chrétien mais quelque chose me dérange ou plutôt qu'il m'est difficile de comprendre...Jésus a vécu peu de temps sur terre et son ministère et sa
souffrance même si elle a été grande a duré peu de temps d'après ce qui est écrit. Alors comment vivre dans la souffrance toute une vie..durant 50 ans par exemple c'est déjà suffisant..je trouve
que c'est trop surhumain. Pouvez-vous m'éclairer ? Merci

Joelaindien 02/11/2012 00:21

Hello ! un passage et un petit coucou pour te signaler que suite à l'ouragan Sandy, et les debâts sur les conséquences du réchauffement climatique j'ai fait une carte des catastrophes naturelles
dans le monde depuis 2008, très instructif sur certains points ! @+

Gilles 27/10/2012 13:06


Si l'amour du monde tel qu'il est de vous habite pas… Alors vous ne serez pas digne de l'amour du Christ…


 Car c'est parce qu'il a tant aimé le monde tel qu'il est qu'il a donné sa vie…