Les hommes et les femmes

Publié le par Florymawit


Tout le monde le sait, les deux sexes ne fonctionnent pas de la même façon. Quand l'homme a besoin de se retrouver dans sa caverne pour réfléchir et trouver ses solutions à lui, madame panique, se sentant abandonnée. Alors que madame peut faire trois choses en même temps d'un air tout à fait naturel, monsieur ne peut se concentrer que sur une chose à la fois*. Dans un labyrinthe, alors que les hommes construisent une représentation mentale des lieux, les femmes cherchent plutôt des points de repère à mémoriser. Les hommes se targuent d'avoir un sens de l'orientation bien meilleur que celui des femmes, etc.

En tant que femme en relation avec un homme - collègue, ami, parent ou amoureux -, on se retrouve régulièrement avec ces particularités qui, parfois, nous font «pomper» (et réciproquement, on s'entend, les hommes vivent autant de frustrations et de devoir d'adaptation que les femmes). Il y en a une, notamment, qui se reproduit souvent : la femme s'accroche à des détails quand l'homme est déjà 3 km plus loin ! C'est ce qui est arrivé dernièrement à mon amie Colette en relation avec un de ses collègues.

  Totalement frustrée par plein de petites choses qui, pour Colette, s'accumulaient, elle finit par lui écrire (à l'ordinateur et avec interlignes simples !) une lettre de... 5 pages. Un tas de petites crottes, en fait. Ça lui a fait du bien de déposer tout ça sur papier.

Colette n'a cependant pas envoyé la lettre, désirant casser une attitude qu'elle connaît bien et voir si, en agissant autrement, les choses pouvaient se régler plus agréablement que par un esclandre. Elle a plutôt laissée trainer la lettre sur son bureau pendant quelques jours en se retenant de l'envoyer à son destinataire ou de lui parler dans les termes et avec les émotions contenus dans cette lettre.

Dans les jours qui ont suivi, en laissant mijoter ce «dépôt» sur papier, Colette «grandit» intérieurement et tout naturellement. En effet, en restant présente à son ressenti, elle a petit à petit et spontanément accordé moins d'importance à des détails qui, du coup, se sont simplement avérés... de moins en moins importants ! Elle a aussi arrêté de se sentir moindre face à monsieur. Elle a quitté la «victimite» pour devenir plus présente à elle-même et plus solide au fil des jours. Sans embarquer dans le système masculin qui fait d'une «montagne» féminine un grain de sable, disons que sa montagne a rapetissé à la grosseur d'un caillou.

Une semaine plus tard, Colette avait une réunion avec monsieur. Après le travail, elle s'est permise, non pas de lui «tomber sur la tomate» avec ses frustrations mais plutôt de prendre une bonne respiration pour se déposer intérieurement avant de lui exprimer comment elle se sentait face à certaines choses et ce, simplement et sans reproche. Elle lui a ensuite demandé comment lui se sentait dans cette même situation, ce qu'il voulait réellement dire ou faire et quel est son fonctionnement dans de telles situations puisque Colette n'y a manifestement pas la même attitude. En quelques phrases, il lui a expliqué son fonctionnement et elle a alors réalisé que ses frustrations provenaient en fait de mauvaises interprétations qu'elle avait faites de ces situations.

Il est donc important, quand on «pompe» dans nos frustrations :

1. de réaliser et accepter que l'autre nous déclenche dans nos blessures mais il n'en a aucune responsabilité;
2. de déposer ses frustrations sur un papier ou dans l'ordi pour être capable d'en prendre un recul, d'en devenir le témoin;
3. d'oser «se nommer», soit dire ce qu'on ressent dans une situation donnée, en parlant en «JE» et sans rien reprocher à l'autre;
4. d'accueillir et voir comment l'autre réagit à la même situation pour se comprendre l'un l'autre.

Je vous souhaite une belle semaine et d'oser... Être, tout simplement, dans le coeur.

 coeurbrillant

  
 

Dominique Jeanneret
Thérapeute, Québec,

Publié dans DIVERS

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