Les tempêtes et les blessures du coeur

Publié le par Florymawit


Les tempêtes et les blessures du coeur

 

Comme pour la solitude, nous ne sommes pas responsables de toutes les tempêtes de la vie. L'essentiel est d'être fondé sur le Roc (Lc 6.48).

Les blessures du passé sont multiples :
• parfois aigües et évidentes : décès, divorce, adultère, emprisonnement, source de honte et d'isolement, injustice flagrante, persécutions, méchanceté dans la famille ou à l'école, maltraitance, violences, alcool, inceste, viol (4582 cas déclarés en France en 1990), chocs affectifs, maladies graves physiques ou mentales, accident, avortement, suicide d'un proche, blessures morales plus que physiques le plus souvent et d'autant plus importantes que le problème n'est pas dévoilé.
• souvent plus chroniques et sournoises : paroles négatives, médisance, critiques, brimades, vexations, mépris, jalousie, incompréhension, déception, frustration, échec scolaire, chômage ; toute relation fausse dans l'éducation est dangereuse (mère perfectionniste, autoritaire, légaliste, culpabilisante, protectrice, qui infantilise et rend son enfant dépendant), ou mère trop laxiste (l'enfant ne trouve plus ses repères), frères tyranniques et manipulateurs (aussi chez les chrétiens utilisant de faux conseils, des visions, des prophéties).

Ces blessures peuvent favoriser le développement d'un sentiment de rejet et d'abandon, d'une mauvaise vision de soi, d'une contrainte du devoir (enfant trop responsable qui « joue » le rôle d'un père décédé), du perfectionnisme et du légalisme, de rancunes, de jalousie, de fausse culpabilité, de dévalorisation, de refus du pardon, de rébellion, de frustration, d'angoisse puis de maladies psychosomatiques, de dépressions ou d'autres troubles psychiques plus ou moins graves. L'homme qui souffre essaie de cacher au fond de son coeur ses émotions, sa révolte, sa souffrance. Il édifie des murailles de rejet et de rébellion. Il doit prendre conscience des réactions négatives et mensongères qui envahissent et détruisent son âme.

Les victimes ont besoin de consolation, de paix et de guérison. Souvent, la guérison passe par le pardon reçu et donné.

Jésus accueille ceux qui souffrent, ceux qui sont rejetés, angoissés, culpabilisés, révoltés, déprimés. Il les aime et voudrait les guérir. Les patients ont besoin d'être aidés pour se décharger de leurs fardeaux, retrouver confiance, dignité, espérance, reprendre leurs responsabilités.

La guérison des blessures passe par le brisement. Il guérit les coeurs brisés... (Es 61.1-3).

Le coeur, l'esprit de l'homme, l'être intérieur, la personnalité profonde : c'est la capacité d'aimer, de ressentir le rejet ou l'acceptation, même dans les cas de démences, de comas dépassés, de dépendre d'un maître, de croire au vrai Dieu ou aux faux dieux, de choisir et d'agir selon la Parole de Dieu. C'est la source de la mort (Mc 7.21-22) ou de la vie (Jn 7.38-39, Pv 4.20-27). Sans l'Esprit de Christ en nous, malgré toutes nos belles apparences, notre coeur reste « désespérément malin et trompeur. ». Saint-Exupéry disait : « On ne voit bien qu'avec le coeur, l'essentiel est invisible aux yeux ».
Le chrétien reçoit, à sa conversion, un coeur nouveau, une identité nouvelle. Un processus de re-création à l'image de Dieu se met en route. Ezéchiel annonce à trois reprises cette nouvelle naissance (Ez 11.19 ; Ez 18.31 ; Ez 36.26 : Je mettrai en vous un coeur nouveau). Dieu donne ce coeur nouveau à quiconque croit humblement comme un petit enfant. Le Saint-Esprit opère cette nouvelle création en fonction de notre obéissance à la Parole, de notre authenticité à vouloir être purifié du péché et à vouloir persévérer dans la volonté de Dieu. Nous recevons un coeur plein de foi, plein d'amour (pour Dieu, notre prochain et nous-mêmes), une nouvelle identité d'homme libre.

Il est utile de faire la distinction entre un coeur blessé qui compte sur ses propres armes. Que toute amertume, toute animosité, toute colère, toute clameur, toute calomnie et toute espèce de méchanceté, disparaissent du milieu de vous (Ep 4.31) et un coeur brisé : un coeur qui, après s'être rebellé, capitule devant Dieu et abandonne son amertume, sa haine. Un coeur brisé accepte le principe de la croix sur sa nature pécheresse, la volonté de Dieu, la réalité. Il a foi dans l'intervention de Dieu, dans sa justice et dans son amour. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : à moi la vengeance et la rétribution (Rm 12.19). La guérison des coeurs blessés passe par ce brisement.

Lorsque nous nous sentons seuls, rejetés, blessés, il nous manque quelque chose ou quelqu'un, un consolateur : nous sommes frustrés. Toute frustration, dans les domaines physique, psychique ou spirituel, provoque inévitablement déséquilibre, angoisse, conflits, agression de soi (dépression, suicide) ou des autres (délinquance, paranoïa, meurtre).

Pour pardonner vraiment, il faut d'abord recevoir la révélation de son propre pardon. Dans Matthieu 18.21-33, il est question de la parabole des 10 000 talents et des 100 deniers. Le récit bien connu de « la paille et la poutre » (Mt 7.1-5) est révélateur : dans son jugement, l'homme est aveuglé sur son propre état, il accuse l'autre pour se justifier. Le discernement consiste à ne pas juger sur les apparences, mais sur les mobiles du coeur (Jn 7.24; 1 Co 6.1-5). Le pardon est une puissance de guérison et de libération. Va d'abord te réconcilier (Mt 5.21-30) : c'est une urgence spirituelle!


 
Source : Aimer & Servir (UEMP)

 

Publié dans Enseignements

Commenter cet article