Pourquoi Certaines Eglises Sont-Elles Bénies ? ou Vous me dégoûtez

Publié le par Florymawit

Par Oswald J. Smith      


Vers 1970, le Pasteur Daniel Betzer ressentit un appel à commencer une église dans une ville de l'Ohio (USA). Mais à un moment donné, le poids financier de cette œuvre menaçait de noyer le jeune homme de Dieu.

« C'est particulier, quand vous allez quelque part où il n'y a rien et que vous voyez Dieu créer quelque chose » dit-il. Avec son épouse Darlène, il démarra l'église dans le sous-sol de leur maison. Le premier dimanche, 16 personnes assistaient au culte. Huit sont restées et après une année, ils étaient environ 90 âmes.

Ils finirent même par acheter un petit bâtiment. « Tout allait bien, à part le fait que nous ne pouvions pas payer nos factures » se souvient le pasteur Betzer. « Nous avions un budget total de $ 16'000 (environ 12'500 €), y compris le salaire du pasteur. A la fin de l'année, nous avions un déficit de 5 à 7'000 dollars (env. 4 à 5'500 €). »

Le stress le rongeait. « Je prêchais sur la dîme. Les gens disaient : ‘Amen, pasteur' mais la semaine suivante, le problème était le même. La situation semblait sans espoir.

« N'arrivant pas à gérer le stress financier, j'ai fini par tomber malade. » Durant cette maladie, le Seigneur en a profité pour lui parler. Le pasteur Betzer a une manière bien à lui de communiquer avec le Seigneur.

Voici comment il relate leurs conversations :

« Je vais t'enseigner l'économie divine. »

« Merci. » répond le pasteur.

« Je vais t'aider à passer au travers de cette épreuve et Je t'enseignerai afin que ton église n'ait plus de problème financier. »

Mais il restait toujours cette petite question des factures. « Seigneur, nous avons ce bâtiment. »

« Je ne me soucie pas de ton bâtiment. Tu n'es pas engagé dans l'entreprise de rédemption. Je veux que tu organises une convention missionnaire. »

Le pasteur répond : « Seigneur, on voit bien que tu n'as jamais assisté à une convention missionnaire ! Elles sont assommantes ! Seigneur, tout notre budget se résume à 16'000 dollars et nous avons besoin d'aide. »

Mais Dieu insiste : « Bien. Vous aurez une convention missionnaire. »

Aujourd'hui, plusieurs années après ces conversations, D.Betzer mesure l'impact de ce moment-là : « Cette semaine de la convention missionnaire est maintenant le moteur de notre église. Chaque miracle que j'ai vu, nous pouvons l'attribuer directement ou indirectement à la mission. Des pasteurs m'ont dit : ‘Nous ne pouvons pas nous permettre de donner à la mission' (faute d'argent). Vous ne pouvez pas vous permettre de ne pas donner à la mission. »

Alors qu'il était alité à cause de sa maladie, Dieu allait lui donner le conseil suivant : « Il faut faire venir Oswald J. Smith, de l'Eglise du Peuple à Toronto, au Canada. »

« Je rigolais et rigolais encore, parce que nous étions une église de 90 membres. Or, selon Billy Graham, le Dr Smith était le plus grand ambassadeur de la mission du 20ème siècle. Il a écrit 57 livres. Son église donne des millions à la mission. Ce monsieur était un géant. »

Smith est connu pour des déclarations telles que : « La mission de l'Eglise, c'est la Mission » ou encore « Pourquoi quelqu'un aurait-il le droit d'entendre l'Evangile deux fois avant que le monde entier ne l'ait entendu au moins une fois ? » Ou bien : « Nous parlons de la Seconde Venue (du Seigneur) ; la moitié du monde n'a jamais entendu parlé de la Première. »

Le pasteur sourit et se dit : « Bon, alors, je le ferai venir. Et je ferai venir Frank Sinatra pour chanter le chant d'ouverture. Et je ferai venir l'orchestre de Glenn Miller ! Comment vais-je faire pour avoir Smith !? »

« Tu n'as qu'à lui demander ! »

D.Betzer écrivit alors au pasteur Smith qui répondit : « Je viendrai si vous faites exactement ce que je vous dis de faire. »

Le Seigneur dit encore une 3ème chose au jeune pasteur : « Je veux que l'église fasse cette année une promesse de $ 20'000 (env. 15'600 €) pour la mission. » Parfois, des individus et des églises promettent, par la foi, de donner une somme d'argent annuelle à la mission.

Le Pasteur ne cacha pas sa surprise : « Dieu, laisse-moi T'expliquer. Je vais le répéter lentement : la totalité de notre budget est de $ 16'000. »

Mais lorsqu'il l'annonça au Conseil de l'église, la réponse fut : « Allons-y ! » « Les gens aspirent aux défis » note D.Betzer. « Il y a deux sortes d'église dans le monde : celles qui soutiennent la mission et celles qui se maintiennent. »

On fit beaucoup de publicité pour la convention missionnaire et le dimanche soir de l'inauguration quelque 100 personnes vinrent dans la petite salle. Le pasteur Betzer avait certaines attentes envers son célèbre orateur. « J'attendais qu'il soit capable de motiver les troupes. ‘Que Dieu vous bénisse, vous êtes des gens tellement précieux. Vous êtes enfant du Roi ! Etc.' Mais ce n'était pas cela du tout. »

Du haut de ses 80 ans, le pasteur Smith avait l'allure d'un vieux prophète. Malgré sa stature d'1m78, il ne pesait guère plus de 55 kg. Sa tête était couronnée de cheveux blancs ébouriffés, et ses épais sourcils montaient la garde au-dessus de cavités qui semblaient contenir, non pas des yeux, mais des braises luisantes et perçantes.

Quand le pasteur eut fait les présentations, Smith alla délibérément au pupitre. Il promena son regard sur l'assistance et annonça lentement : « Vous me dégoûtez ! »

Une telle gifle verbale ne manqua pas de prendre l'assistance quelque peu au dépourvu. Le vieillard répéta : « Vous me rendez malade. Vous êtes sortis de vos belles petites maisons, vous êtes entrés dans vos voitures climatisées, vous êtes venus dans une église climatisée et vous êtes assis dans des sièges bien rembourrés.

« Peut-être voulez-vous que je vous exécute un petit chant et une danse ? Que je vous en dise plus concernant l'évangile que ce que vous avez entendu auparavant ? La moitié du monde n'a jamais entendu parler du Nom de Jésus, pas même une seule fois. Qui pensez-vous être ? Vous me dégoûtez ! »

Le pasteur Betzer sentit les regards des gens se poser sur lui. « Et moi qui, au cours de ma maladie, avait tant insisté : ‘Dieu m'a dit de l'inviter !' » Alors que Smith terminait son message, la tension dans la salle était à son comble.

« J'ai encore le lundi soir de la convention missionnaire devant moi et il n'y aura que trois personnes dans l'assistance – moi, Smith, et Darlene. Et peut-être même pas Darlene.

« J'étais tellement fâché contre Smith que je le conduisit à l'hôtel sans même lui adresser la parole. Lui ne s'en souciait pas. Les gens comme lui ne s'en soucient pas. Ils écoutent une toute autre musique.”

Le lundi soir, en venant à l'église avec le Pasteur Smith, quelle ne fut pas la surprise de D.Betzer en constatant que le parking était plein. La salle était comble. « Je pensais : « Seigneur, Tu as donné à ce vieillard fou une occasion de répandre de l'huile sur les blessures.' Mais ce soir-là, c'était pire encore. Il s'appliqua à nous écorcher vifs avec des tenailles : ‘Vous me rendez malade. Mais qui pensez-vous être ?'

Le mardi soir, il n'y avait plus la moindre place de libre dans la grande salle et des auditeurs devaient se tenir debout dans l'entrée de l'église.

Cette nuit-là allait avoir des répercussions dans la vie du pasteur Betzer comme peu de choses ne l'eurent auparavant ou ne l'auraient après. « C'était le mardi soir que Dieu allait changer toute ma vie » dit-il simplement. « Je compris que j'étais endetté et que la vie chrétienne n'était pas une franchise. Si le salut est bien gratuit, être disciple ne l'est pas.

« Et quand Jésus dit : ‘Allez par tout le monde et prêchez l'Evangile,' Il était sérieux. Et si jamais j'attendais que Dieu me bénisse de quelque façon que ce soit, il fallait je Lui obéisse. »

Dieu parla précisément : « Croyez-vous ce que dit ce vieil homme ? »

« Oui. »

Dieu ajouta : « Vendez votre voiture et donnez-en l'argent à la mission. »

« Mon plus grand vice était l'amour des voitures » confesse le pasteur. L'année précédente, il venait d'acheter une voiture qu'il se plaisait à bichonner. « Je ne croyais pas que cela venait du Seigneur. Je mettais tout cela sur le compte de l'indigestion. »

Mais une fois arrivé à la maison, son épouse lui dit: « Dieu ne t'a-t-il pas dit ce soir de vendre notre voiture et de donner l'argent à la mission ? Tu ferais mieux d'obéir ! »

« Le lendemain, j'ai mis une petite annonce dans le journal et indiquais un prix que seul un lunatique accepterait de payer. Le lundi suivant, j'assistais au départ d'un « lunatique » au volant de ma voiture. »

Ils avaient une seconde voiture, de loin pas aussi belle. Le pasteur Betzer ne semblait pas convaincu d'avoir fait une bonne affaire. « Dieu aime celui qui donne avec joie, même s'il accepte aussi le don d'un rouspéteur » dit-il.

Puis, un jour, ouvrant un courrier que lui avait envoyé le missionnaire qui avait reçu le produit de la vente de la voiture, Daniel Betzer tomba sur un épais paquet de photos. « Avec cette somme, il avait construit un simple bâtiment d'église et les photos montraient une salle comble, remplie de gens louant le Seigneur.

« J'ai regardé ces photos et j'ai pleuré. » Cela allait changer son attitude vis-à-vis de sa vieille voiture. Il décida de la considérer sous un éclairage nouveau : « Elle avait l'air d'une Bentley (une voiture de luxe anglaise). »

Mais il n'avait pas été le seul à se réveiller. L'église avait elle aussi répondu « présente ». Le dimanche matin, les fidèles s'engagèrent à donner $ 32'000 (environ 25'000 euros).

Le budget de l'église en a-t-il souffert ? « Les finances de l'église ont doublé suite à ça. Plus tard, elles ont encore doublé. Nous avons pu acheter un bâtiment à côté, que nous avons payé sans emprunt. »

Un an plus tard, l'église qui comptait 90 fidèles au début de la convention missionnaire, en comptait 300 pour la réunion de mercredi soir ! « Comment expliquer cela, pasteur ? Proverbes 11:24. » ‘Tel, qui donne libéralement, devient plus riche ; Et tel, qui épargne à l'excès, ne fait que s'appauvrir.'

« J'ai vu soudain une croissance exponentielle dans cette église. J'ai vu des chrétiens qui s'épanouissaient tout d'un coup. Pourquoi ? Parce qu'ils sont devenus un canal à qui Dieu pouvait confier sa provision. Nulle armée ne peut survivre sans une route d'approvisionnement. Vous, et moi, nous sommes des missionnaires d'approvisionnement.

« Le livre des Actes est l'histoire… de deux églises — Antioche et Jérusalem » dit D. Betzer. « L'église de Jérusalem est vite entrée dans l'oubli parce qu'elle regardait toujours vers l'intérieur. Mais l'église d'Antioche était une église qui regardait vers l'extérieur.

« L'église d'Antioche allait introduire le concept de la mission au monde. Et c'est celle-là qui allait fleurir. L'église de Jérusalem a bien vite disparu. Dieu ne va certainement pas bénir une église qui n'est pas engagée dans la mission.

Le pasteur Betzer est maintenant pasteur de l'Assemblée de Dieu à Fort Myers en Floride. Son église relève le défi de donner des millions de dollars à la mission. En plus, ils ont commencé quatre autres annexes de l'église dans leur ville.

Un texte de Dan Betzer

Source:enseignemoi

Publié dans Enseignements

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