Tribunal de Christ — Genèse 15 et 17

Publié le par Florymawit


 

Novembre 1855

Sans avoir des choses bien nouvelles, j’ai beaucoup joui, et, je l’espère, profité de la Parole. Les Psaumes ont fait le sujet de nos entretiens, et une quantité de passages, par ci, par là, ont pris plus de force et de clarté dans mon esprit. J’ai été assez frappé de l’effet du tribunal de Christ sur Paul. Il en voit toute la terreur, mais le seul effet est de l’engager à persuader les autres. Le Christ, devant lequel il comparaîtrait, était sa justice, et jugeait selon cette justice ; ainsi il n’y avait pas de question possible. Ce qui jugeait et ce qui était devant le jugement étaient identifiés : c’était un côté de la vérité de la nature de Dieu. L’autre côté, c’est l’amour. Or c’est celui-ci seul qui se met, par conséquent, en activité : il persuade les autres à cause de cette terreur. Je sais peu de passages qui démontrent avec plus de force quelle est la puissance de l’Évangile et la perfection de la justification. Mais il y a une opération précieuse de ce tribunal : l’Apôtre réalisait la comparution devant Lui ; il ne craignait pas d’être manifesté à l’avenir ; il était, de fait, manifesté à Dieu ; la conscience, parfaitement purifiée relativement à Dieu, prenait tout son empire, et, en se tenant dans la présence de Dieu, tout ce qui n’était pas selon cette présence était, de fait, manifesté dans la lumière. C’était nécessaire, et par la grâce il avait la lumière de Dieu pour montrer, pour avoir la conscience qu’il n’y avait rien. Il est bien important d’y être : bien des choses s’y jugent qui, souvent, ne se jugent pas dans une vie chrétienne assez régulière ; et lorsque la conscience est devant Dieu et nette, l’amour est libre. On sait aussi de cette manière ce que c’est que de porter toujours dans son corps la mort du Seigneur Jésus, afin que la vie de Jésus se manifeste dans nos corps mortels, ou plutôt, en marchant ainsi, on est à même d’être, on est pleinement en sa présence.

Entre autres choses, j’ai été frappé aussi des chapitres 15 et 17 de la Genèse : Il me semble que le désintéressement d’Abraham, à la fin du chapitre 14, a été la raison pour laquelle Dieu en grâce lui a dit : «Je suis ton bouclier et ta grande récompense». De prime-abord, on aurait pensé qu’Abraham n’aurait à faire qu’à se réjouir d’une joie ineffable, en pensant que Dieu lui-même était sa récompense ; mais il dit : «Que me donneras-tu ?» Dieu condescend en grâce quand il s’agit d’un vrai besoin fondé sur une promesse. Mais il y a un élément qui imprime son caractère sur cette grâce : «Je suis ton bouclier et ta grande récompense» ; la bénédiction ne dépasse pas les besoins ou les privilèges personnels d’Abraham. Tout naturellement son coeur y entre, et c’est le développement du besoin du coeur selon son propre état. C’est une immense grâce, mais une grâce qui, dans un certain sens, se mesure par les besoins de la créature. Au chapitre 17, Dieu dit : «Je suis le Dieu tout-puissant». Il ne dit pas : «Je suis ton»... C’est ce qu’il est en Lui-même. — Marche devant moi et sois parfait, intègre. Abram se prosterne, et Dieu parle avec Abraham. Il lui promet le fils, et ensuite lui révèle comme à un ami ce qu’il va faire. Alors Abraham, au lieu de demander pour lui-même, intercède pour les autres. Aussi peut-on remarquer que le chapitre 15 ne dépasse pas les promesses juives ; au chapitre 17, il est père de plusieurs nations. C’est la différence entre la bonté de Dieu, qui se lie en grâce à nous et à nos besoins, et la communion avec lui-même.

Anonyme

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